Théâtre – Le Cercle des Illusionnistes : Retrouver le courage d’aller toucher les étoiles

Déjà six ans que l’auteur prodige, Alexis Michalik, a fait naître cette œuvre, ô combien lumineuse. Toujours à l’affiche, mais désormais au Théâtre de l’œuvre (Paris IX), Le Cercle des Illusionnistes continue d’égrener une poésie subtile et intense, bien au-delà de ce qui, à priori, pourrait ressembler à une simple leçon d’histoire romancée. Une fois de plus, la magie “Michalikienne” opère comme jamais…

Par Grégory Ardois-Remaud

 

Avec le théâtre de Michalik, il y a souvent un ressenti un brin complexe en cours de spectacle. En effet, d’un côté, on est souvent très vite frappé par la force et la précision des dialogues, la cohérence des personnages soulignée par le talent des comédiens, ainsi qu’une clarté dans la construction du récit, entre autres. De l’autre côté, avec l’auteur d’Edmond, il y a aussi souvent comme un brouillard qui résiste pendant un certain temps de la pièce : beaucoup de détails à retenir, quelques zones d’ombre… On navigue dans un récit où l’on sait pertinemment, et, surtout, où l’on accepte, que quelque chose nous échappe.

 

On sent que quelque chose va venir, quelque chose de grand. Il y a cette promesse…

 

Pourquoi ? Parce qu’on sent (sans savoir pourquoi) que quelque chose va venir, quelque chose de grand. Il y a cette promesse. On ne sait pas quoi précisément, ni comment. Mais on sait qu’à un moment donné, tout va s’éclaircir, se sublimer et que quelque chose aux confins du génie va apparaître pour nous donner la vérité du dramaturge.  Oui, on sent que malgré quelques obscurités passagères, la virtuosité du dramaturge va se révéler et nous laisser sans voix. Et à raison…

 

(c) Alejandro Guerrero

 

Une fois de plus, avec Le Cercle des Illusionnistes, cette magie Michalik opère. Certes, au début, on a la sensation (pas désagréable au demeurant) d’assister à un récit romancé de l’histoire de la magie et du cinéma à travers les parcours méconnus de Robert Houdin et de Georges Méliès. Pourtant, très vite, et à travers les trois intrigues qui se jouent en parallèle, on sent que nous allons naturellement très vite dépasser la fausse simplicité du récit ou les quelques détails techniques qui nous embrouillent, ou plus précisément, nous savons que nous allons nous en nourrir pour nous donner la voie. Par exemple, le fait que les mêmes acteurs incarnent différents rôles contribue à l’ambiguïté qui permet finalement d’éclairer le spectateur tant sur le récit que sur la morale. C’est ça le théâtre à la Michalik…

 

Comme un appel à les suivre, le dramaturge nous rappelle que c’est à nous de créer la magie de nos vies.

 

Et puis, à un certain moment (ça dépend du spectateur), tout s’éclaire. Le cours d’histoire se transforme en leçon d’espoir. Mieux, ici, il se révèle incitation au courage de vivre pleinement, devoir de ne pas lâcher, comme si tout d’un coup, à travers les parcours des personnages, notre pouvoir d’agir sur notre destinée apparaissait enfin évident. En effet, pour eux, l’imbrication des hasards fait naître leur destinée. Comme un appel à les suivre, le dramaturge nous rappelle que c’est à nous de créer la magie de nos vies. Tout s’éclaire alors, devient limpide, et la puissance de l’écriture se révèle enfin dans une virtuosité et un travail d’orfèvre inimitable.

Celui qui nous a notamment stupéfait dans le très bon Intramuros, nous donne ici un pouvoir salvateur, souvent sous-estimé, celui du chemin de l’action, de la vie et non de la survie.

 

 

Ca parle de quoi ?

En 1984, alors que se déroule le championnat d’Europe des Nations, Décembre vole un sac dans le métro. Dans le sac, il trouve la photo d’Avril jolie. Il la rappelle, ils se rencontrent dans un café. Il va lui raconter l’histoire de Jean-Eugène Robert-Houdin, horloger, inventeur, magicien du XIXe siècle. Cette histoire les mènera tous deux sous le coffre de la BNP du boulevard des italiens, dans le théâtre disparu de Robert-Houdin, devant la roulotte d’un escamoteur, derrière les circuits du Turc mécanique, aux prémices du kinétographe, et à travers le cercle des illusionnistes

 

www.theatredeloeuvre.com

 

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Rédacteur en chef adjoint au sein de la rédaction de Garçon Magazine depuis 2016, mais également animateur radio depuis 2014, je vous propose, avec ce blog, de partir à la rencontre d’une actualité diverse et sortant des sentiers battus. Politique, société, culture ou médias, plus aucune info ne pourra désormais vous échapper, pour enfin briller en société.

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